Par Olivier Leclerc candidat liste Mouvement 2010
Il y a quelques années, une norme supplémentaire venait pimenter nos projets : La réglementation thermique.
Les premières, RT 2000 et RT2005, se contentaient d’améliorer les performances énergétiques du bâtiment de 15 à 20% d’une règlementation à l’autre, imposant un fastidieux logiciel que seul quelques bureaux d’études semblent maîtriser jalousement. Ce calcul, souvent réalisé en fin de conception, était ajusté par l’ajout d’un dispositif de quincaillerie écologique onéreux, qui sautait, le plus souvent au premier appel d’offre infructueux, faute d’exigence de certification.
Aujourd’hui, la RT2012, dopée par le Grenelle de l’environnement, apporte une véritable rupture dans la manière de concevoir un bâtiment durable. Outre les 50% d’amélioration des performances énergétiques, le moteur de calcul sera capable de prendre en compte les zones tampons (galerie vitrée, atrium, etc), la proportion et l’orientation des baies, l’implantation géographie par département ainsi que le choix des sources d’énergies en fonction de l’agencement des espaces et du programme.
Autrement dit, le bien fondé de la conception architecturale sera désormais prédominante. Plus question d’ajuster le calcul en fin de parcours, la conception sera la première en cause et nécessitera une implication des architectes bien en amont avec le bureau d’étude. De plus, pour la première fois, une obligation de résultat sera exigée sur la qualité de la réalisation. Ce sera au maître d’œuvre, qui dirigera le chantier, de veiller à la bonne étanchéité à l’air du bâtiment. A l’issu du chantier, le test d’infiltromètre ou test du « blower door » sera effectué. Ce sera, là encore, les compétences de l’architecte qui seront attendues sur la bonne mise en œuvre de ces nouvelles exigences écologiques.
Or voilà quelques mois qu’un groupe d’ « experts », auquel aucun architecte n’a participé, planche sur cette nouvelle règlementation thermique. Au final, le groupe de travail à accouché d’un savant moteur de calcul que les bureaux d’études maîtrisent à la perfection, mais qu’ils ne seront pas capable d’appliquer sans les architectes.
Comme nous venons de le voir, la grande nouveauté de cette RT2012 réside dans la conception intelligente de l’architecture. L’architecte doit rester celui qui sollicite une équipe de maîtrise d’œuvre toujours plus importante au fin d’une architecture requalifiée par ses nouvelles exigences. Et, en garantissant la synthèse de cette nouvelle norme, son rôle est d’accompagner le projet d’un bout à l’autre de sa mise en œuvre.
Nous proposons donc :
- d’exiger la participation d’architectes à l’élaboration de cette nouvelle réglementation, et de toutes autres nouvelles réglementations touchant à la conception architecturale.
- de laisser à l’architecte le choix adéquat du BET en cours d’étude.
- d’adapter la loi MOP aux rôles de l’architecte dans sa responsabilité d’éco-concepteur, afin que sa mission d’étude environnementale soit reconnue en tant que tel par le maître d‘ouvrage y compris dans les programmes de requalification des espaces construits existants.
- d’inciter et d’aider les architectes à la formation sur la qualité environnementale des bâtiment.
Olivier Leclercq , Architecte
