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Architecture et Culture environnementale

Par Anne-Charlotte Zanassi candidate liste Mouvement 2010

La RT et les performances énergétiques des bâtiments peut-être une belle occasion pour les architectes soucieux de la maîtrise de la conception de leurs bâtiments (oui, oui, il y en a) de devenir non seulement des apporteurs d’idées dans la RT 2012, mais des concepteurs à part entière des performances énergétiques de leurs bâtiments.

En effet, il n’est plus question de réaliser les calculs thermiques en fin de conception.
Pour réaliser un bâtiment BBC, ou respectueux du plan Climat, ou HQE, il faut à différents stades des études, passer des audits et justifier des solutions adoptées.
Par exemple, pour le plan Climat de la Ville de Paris, c’est au dépôt du permis de construire que l’on justifie le respect de la performance énergétique.
Pour ce faire, c’est l’outil règlementaire qui est obligatoire, le calcul RT, via les différents logiciels existants sur le marché.

Or, un label BBC ou Bepos s’obtient en jouant sur de nombreux paramètres architecturaux. Il ne suffit plus de modifier l’épaisseur de l’isolant et de mettre un double flux en option au cas où.
L’orientation des façades, la quantité et la dimension des baies, le coefficient Uw des vitrages, les dispositifs d’occultation, les dispositifs de protection solaire, leur orientation, leur densité, la nature et l’épaisseur de l’isolant et du parement extérieur, le nombre de planchers, les terrasses et balcons, le traitement des acrotères et ponts thermiques, et au final les coefficients d’occupation du bâtiment et les usages, tout ceci constitue une liste non exhaustive des curseurs dont on dispose pour calculer une performance énergétique.
Or, ces curseurs ont un impact immédiat sur l’architecture du bâtiment, en plan de masse, et sur son expression architecturale, sa finesse ou sa densité, et même ses couleurs (certains enduits extérieurs foncés par exemple ne sont pas compatibles avec des isolants sur lame d’air, selon leur exposition).

Il serait regrettable, une fois le bâtiment défini, de devoir compenser un défaut de conception, en installant des dispositifs d’économie d’énergie coûteux, compliqués et lourds en maintenance. D’où la nécessité de contrôler absolument, et dès le concours, les choix architecturaux.

Outre le calcul règlementaire obligatoire pour les labellisations, il est possible de réaliser des simulations thermiques dynamiques, plus proches de la réalité d’usage du bâtiment.
Les deux modes de calcul, règlementaire RT, et les STD sont des outils complémentaires qui autorisent l’architecte à justifier de ses choix architecturaux, et de les défendre d’un point de vue économique, et lui permettent d’aborder très vite la question de la maintenance avec la maîtrise d’ouvrage.

Il est vital pour la crédibilité de notre profession que ces argumentaires soient déployés tout au long des études, et pour ce faire, les architectes seront les mieux placés, avec, il va de soi, un redéploiement des honoraires correspondant au travail fourni et un dialogue refondé avec la maîtrise d’ouvrage.

Sans devenir ingénieurs ou thermiciens, et au même titre qu’un architecte doit maîtriser son budget sans devenir économiste pour autant, les architectes peuvent, et doivent être aidés à se former aux logiciels de calculs règlementaires et de simulation thermique dynamique.
Cette compétence acquise devient un réel outil d’aide à la conception, et non plus un outil de contrôle et de vérification.

Anne-Charlotte Zanassi, Architecte

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