Les bâtiments publics et leur reconversion énergétique


> contribution de MVTA aux Université d'été

L'architecture est un vecteur des grands courants de société, les bâtiments publics sont des outils pédagogiques puissants, les bâtiments scolaires en particulier participent activement à la transmission des valeurs.

Censés en porter les valeurs, nos villes et nos bâtiments n'évoluent pas aux mêmes rythmes que nos sociétés. Ils traduisent dans leur stabilité une certaine permanence de la nature humaine.

Aujourd'hui, l'épuisement des ressources naturelles, les inquiétudes planétaires, donnent de nouvelles orientations à nos projets de société et leur impriment une accélération inédite.

La reconversion énergétique du parc existant est un objectif ambitieux qui va impliquer toutes les strates de la société pour les prochaines décennies.

Les architectes prennent la mesure de cet objectif et s'organisent avec les autres acteurs pour pouvoir répondre efficacement et durablement.

Différents niveaux d'actions

Le bâtiment est la synthèse des choix techniques, économiques et sociaux opérés par la maîtrise d'ouvrage et la maitrise d'œuvre.

Parce que l'architecte porte la responsabilité de ses choix, il en revendique la maîtrise complète, d'où l'alerte de la profession sur les risques liés aux missions partielles.

La performance énergétique est un des curseurs qui règlent l'équilibre du bâtiment.

Elle implique à des niveaux différents, tous les aspects du projet architectural : son insertion dans le site, sa structure, la conception de son enveloppe, son rapport à la lumière, son rôle social...

Ré intervenir sur un bâtiment existant, donc agir sur un des curseurs, nécessite une bonne compréhension de sa conception, de son histoire, de la manière dont il est perçu et de l'usage qui en est fait; mais également, une parfaite connaissance de l'évolution des technologies, des règlementations, des attentes sociétales.

Dans les phases de diagnostic, prescription, mise en œuvre et suivi, il faut induire un comportement respectueux du bâti.

Pour améliorer les performances énergétiques d'un bâtiment, il existe plusieurs portes d'entrée :

  • les éléments actifs du bâtiment comme les organes de production de chaleur, de renouvellement de l'air, l'éclairage,

  • les éléments passifs comme l'isolation, les apports gratuits, la ventilation naturelle

  • le comportement des utilisateurs, et également réinterroger les choix d'origine en fonction des innovations techniques.

Certains maîtres d'ouvrage, peuvent également agir à l'échelle de la totalité de leur parc bâti ou en traitant les bâtiments un à un, en commençant par les plus énergivores.

Il faut donc s'attendre à des réponses diversifiées et aussi nombreuses qu'il y a de bâtiments.

La performance thermique n'étant pas la seule source d'économie à l'échelle du bâtiment, la reconnaissance du bâti ne peut pas s'arrêter aux seuls indicateurs de la consommation énergétique, mais doit intégrer les notions de qualité d'usage, qualités spatiales, urbaines, Sociales, patrimoniales, ...qui sont autant des facteurs favorisant la sobriété énergétique

Le diagnostic et son contenu sont donc déterminants.

Pour sa bonne connaissance des différents aspects du bâti, sa maîtrise de la synthèse, son rôle de conseil et pour lui permettre d'assumer ses responsabilités, il est important que l'architecte soit systématiquement investi dans les phases de reconnaissance du bâti, de préconisation et de mise en œuvre des solutions.

L'équilibre du projet architectural

La formation initiale apprend à concevoir mais également à restructurer des bâtiments, l'Habilitation de la Maîtrise d'œuvre en son Nom Propre produit une génération d'architectes réactifs, sachant trouver l'information, la formation continue permet aux agences de se diversifier, d'élargir leurs domaines d'intervention, de s'investir dans le domaine de la recherche.

La reconversion des bâtiments n'est pas une nouveauté pour la profession. Les bâtiments ont toujours eu plusieurs vies.

Que cela soit pour des changements d'usage ou l'intégration de nouvelles normes, de nouvelles règlementations, les transformations réussies se sont toujours opérées en considérant le projet dans sa globalité.

La recherche d'efficacité énergétique n'est pas nouvelle non plus. De tous temps les bâtiments ont recherché la sobriété énergétique pour des raisons économiques évidentes.

L'intégration de la haute technicité non plus. Les pyramides n'en sont pas l'exemple le plus récent.

Ce qui est nouveau c'est l'accélération : nous passons sur une très courte période, d'un principe de conception fondé sur la pseudo gratuité de l'énergie, à une nécessité vitale de préservation des énergies primaires. Nous n'avons pas le choix, il faut faire preuve de réactivité et d'efficacité durable.

C'est donc un virage à 90° que la société opère dans un temps très court.

qui nécessite une organisation dans l'urgence de toute la chaine de production du cadre bâti et un investissement de la société entière.

Les acteurs (Maître d'Ouvrage, Architectes, bureaux d'étude, entreprises, industriels, et utilisateurs) se sont rapidement structurés et produisent aujourd'hui des bâtiments de plus en plus efficaces et respectueux de leur environnement....

et c'est cette expérience qui nous permet aujourd'hui de réinterroger le bâti existant :

Equilibre, l'effet inverse

On le sait, à investissement équivalent, un bâtiment conçu de manière homogène avec des matériaux de performances moyennes sera toujours plus performant qu'un bâtiment moyen sur lequel on greffe des techniques de pointe: L'intervention sur un élément isolé peut provoquer des déséquilibres entraînant phénomènes des pathologies nouvelles...

La solution n'est pas liée uniquement aux performances des éléments mis en œuvre mais à leur cohérence, à l'homogénéité du bâtiment.

Depuis l'élaboration de son programme et tout au long de sa vie, le bâtiment doit être considéré comme un ensemble cohérent, en équilibres.

Au centre de ces équilibres il y a, l'utilisateur, l'usager.

Qu'il soit fonctionnaire, élève, public, ou habitant, c'est autour de lui que s'est faite la conception et c'est lui et son comportement qui influe la consommation d'énergie.

C'est aux Maître d'Ouvrage, industriels, architectes, partenaires de la MOE qu'il revient de concevoir des espaces intuitifs, simple d'utilisation et répondant au mieux aux attentes et aux capacités de la société.

Le but est de masquer la complexité et de banaliser la performance.

Donc en interrogeant les performances du bâti, il ne faut pas raisonner uniquement en terme de performance énergétique, mais de performances globales du bâtiment:

Capacité d'adaptation aux nouveaux usages, mise aux normes, (électricité, gaz, incendie, accessibilité, parasismique...) qualité de l'air, confort,...bonne insertion urbaine, sont des facteurs favorisant la sobriété énergétique.

En agissant sur des paramètres diversifiés, les solutions se multiplient et leur réglage technique et économique est plus facile à maîtriser.

Les enjeux pour la profession

Nécessité d'une chaine d'acteurs réactive et partageant une culture commune

Opportunités :

La reconversion est un grand projet de société qui s'inséré dans le cadre de préoccupations planétaires. Il libère des énergies nouvelles à tous les échelons de la société et il touche à plusieurs niveaux l'intérêt du public. C'est un formidable facteur de relance économique

Pour le public, Il vise

  • au respect des enjeux environnementaux

  • à l'amélioration et la requalification de la Ville et de l'espace public

  • à informer et à transmettre aux génération futures un patrimoine et des usages nouveaux.

  • à la préservation des deniers publics

Pour les professionnels

  • Il ouvre des perspectives de nouveaux marchés

  • et permet une meilleure connaissance du bâti grâce à un retour d'expérience qui va pouvoir alimenter la recherche et affiner une approche en coût global.

Objectifs :

  • Créer une culture de sobriété énergétique commune à tous les acteurs et encourager la créativité

  • Diffuser la culture architecturale et faire comprendre au public le rôle et les responsabilités des différents acteurs,

  • Opérer des rapprochements et fluidifier la communication entre les sphères industrielles, du bâtiment, de l'ingénierie, de l'enseignement et de la recherche.

  • renforcer les synergies dans l'acte de bâtir et optimiser la réactivité de toute la chaîne pour permettre des actions rapides et réfléchies au rythme des transformations de nos cadres de vie.

Propositions pour les particuliers :

  • Lier les aides allouées aux ménages et/ou aux copropriétés pour réaliser des travaux de rénovation énergétique au recours à un architecte (Ou proposition alternative : mettre en place des incitations fiscales pour le recours à un architecte dans le cadre de travaux de rénovation)

  • Dans le cadre de l’appel à projets « accompagnement de la rénovation énergétique des logements privés » annoncé par le Président de la République lancé en 2013 à l’attention des collectivités, valoriser les démarches systématisant l’intervention d’un architecte.

  • Développer dans le cadre du service rendu au public par les collectivités et/organismes para-publics, les dispositifs « d’architectes-conseils »

  • Favoriser la recherche et l’expérimentation, associant architectes et fabricants.

http://www.universites-architecture.org/les-batiments-publics-et-leur-reconversion-energetique/

#Développementdurable

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